Marseille – Salzbourg : les conseils des anciens de l’OM

Elles ont parfois été heureuses, parfois cruelles, marquées par le scandale ou achevées dans les coups et la confusion. Mais de l’avis de ceux qui les ont vécues, ces soirées-là n’ont jamais rien d’ordinaire. Avant la sixième demi-finale européenne de l’histoire de l’OM, jeudi contre Salzbourg, cinq anciens Marseillais se souviennent et guident la nouvelle génération.

ALAIN GIRESSE. «Renouveler ce qu’ils ont fait aux tours précédents»

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Pour sa dernière saison avec l’OM (1987-1988), Alain Giresse et ses coéquipiers n’avaient pas réussi à éliminer l’Ajax d’Amsterdam, en demi-finale de la Coupe des Coupes (0-3, 2-1). SIPA/Chesnot

« Je me souviens du match aller totalement raté (défaite 3-0 au Vélodrome) qui nous plombe. L’Ajax avait une belle équipe, avec Blind, Bergkamp, mais on leur avait vraiment facilité la tâche. En même temps, cette demie s’est présentée vite pour le club, Tapie (Bernard) était arrivé seulement deux ans plus tôt. C’était mon tout dernier match européen, j’ai arrêté en juin 88. Si j’avais un mot à dire aux joueurs d’aujourd’hui, c’est évidemment de ne pas louper l’aller, mais surtout de renouveler ce qu’ils ont fait aux tours précédents. Ils ont mis tous les ingrédients contre Braga, Bilbao et Leipzig. Ils doivent encore se mettre en mode Europe, car ce ne sont pas des matchs comme les autres. »

BRUNO GERMAIN. «Autant de cœur, plus de maîtrise»

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Lors de la saison 1989-1990, Bruno Germain (n° 6 sur la photo), et les Marseillais avaient été sortis en demi-finale de la Coupe des clubs champions sur un but marqué de la main par Vata Matanu Garcia (2-1, 0-1). AFP/Jacques Demarthon

« C’est un souvenir très douloureux, parce qu’on était supérieurs à Benfica. On fait un match aller superbe, où on manque un peu de réalisme, on gère le retour, mais une faute d’arbitrage énorme nous prive de finale (NDLR : la fameuse main de Vata). A titre personnel, la déception a quand même été atténuée par la naissance de mon fils Valère, la veille… Si je peux donner un conseil, mais Rudi Garcia sait ce qu’il fait, c’est de jouer avec autant de cœur et d’engagement que contre Leipzig, avec la même force mentale, mais un petit peu plus de maîtrise. En tout cas, il faut montrer à l’adversaire qu’on n’a pas peur. Mais j’ai confiance en l’OM sur ce point-là. »

BERNARD CASONI. «Faire sentir au public que l’exploit est à votre portée»

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En Coupe des clubs champions 1990-1991, Bernard Casoni et l’OM s’étaient défait du Spartak Moscou (3-1, 2-1), avant une douloureuse défaite en finale contre l’Étoile rouge de Belgrade (0-0, a.p./3-5, t.a.b.). SIPA/Fabler

« C’était un peu spécial pour moi parce que c’était ma première saison à l’OM, je remplaçais Carlos Mozer, j’avais pas mal de pression… Mais on se sentait costauds, on avait sorti l’AC Milan au tour précédent. Et le fait d’avoir gagné 3-1 à Moscou nous avait mis bien pour le retour. Dans ces matchs-là, il faut sortir de sa bulle, faire sentir au public que l’exploit est à votre portée, il vous aidera en retour. Les joueurs ont montré contre Leipzig qu’ils pouvaient faire quelque chose. Il faut absolument garder cet état d’esprit, avoir confiance en soi, tout en respectant Salzbourg. »

FRÉDÉRIC BRANDO. «Profiter de ce moment à 200 %»

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Dans la campagne 1998-1999, Frédéric Brando et les Marseillais avaient passé l’obstacle Bologne en demi-finale de la Coupe UEFA (0-0, 1-1), mais pas celui de Parme en finale (0-3). SIPA/Jean-Paul Thomas

« Ça reste un mélange de satisfaction et de déception. La satisfaction de s’être qualifié là-bas, alors que tout le monde nous donnait perdant après le 0-0 au Vélodrome. Et puis, évidemment, la petite déception de perdre plusieurs joueurs importants dans la bagarre générale en fin de match : Fabrizio (Ravanelli), Blondeau, Luccin, Dugarry… Ça nous handicape pour la finale. Mais ça reste un souvenir fort, c’est pour cela qu’on se lance dans une carrière pro. Avec du recul, je dirais aux joueurs de savourer, de n’avoir rien à regretter. Il faut être sérieux et concentré, ça ne sera pas un match facile, mais il ne faut pas oublier de profiter de ce moment à 200 %. »

HABIB BEYE. «La plus belle ambiance que j’ai connue»

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Lors de la saison 2003-2004, Habib Beye et l’OM avaient battu Newcastle en demie de la Coupe UEFA (0-0, 2-0), avant de buter contre Valence en finale (0-2). LP

« C’était la confrontation la plus difficile de notre parcours européen. Pourtant, on avait rencontré l’Inter Milan avant, un adversaire plus relevé. On a souffert pendant 90 minutes à l’aller. Au retour, c’est un match incroyable. C’est la plus belle ambiance que j’ai connue au Vélodrome durant mon passage à l’OM. Je retiens aussi les deux buts de Drogba. Le second a une saveur particulière. On a reproduit sur un coup franc, Meïté, Drogba et moi, exactement la même combinaison qu’on avait travaillée une seule fois la veille à l’entraînement ! J’ai l’impression que l’OM de cette saison vit la même expérience que nous en 2004. »

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