Bruno Luzi : « Je ne me vois pas répondre : désolé, je m’en fous ! »

Si Bruno Luzi sera bien sur le banc de Chambly (13e en National) vendredi (20 heures) à Laval (5e), le coach de 52 ans pourrait rejoindre l’Italie la saison prochaine. Il a été sondé par des candidats français au rachat de Vicenza, lanterne rouge en Serie C, l’équivalent du National.

En faillite, ce club respecté (vice-champion en 1978, demi-finaliste de la Coupe de l’UEFA en 1998) sera vendu demain aux enchères. En attendant, l’homme aux six montées avec Chambly, où il est en poste depuis 2001, se confie.

Quand avez-vous été approché pour Vicenza ?

BRUNO LUZI. Il y a trois mois. Tout peut s’accélérer, les enchères approchent. L’un des éventuels repreneurs, Christian Payan, serait le directeur sportif. Il cherche un entraîneur franco-italien, maîtrisant la langue locale, et s’est tourné vers moi. Attention, rien n’est fait, et tout peut s’éteindre du jour au lendemain. Il faut encore qu’ils remportent la mise, et je n’ai pas eu d’offre chiffrée.

Le projet vous attire-t-il ?

On parle d’un gros club à forte identité, qui a évolué en Serie A (NDLR : 31 saisons) et B. Actuellement, en Serie C, il réalise des pics à 11 000 spectateurs. Forcément, ça interpelle. Je ne me vois pas répondre non, désolé, je m’en fous ! Vicenza mérite d’être relancé.

Même si l’équipe descend finalement en Serie D ?

Cela resterait un beau projet, il y aurait moyen de remonter rapidement les divisions. On le voit bien en France avec les clubs à gros passé. D’ailleurs, enchaîner les accessions, je l’ai déjà fait avec Chambly, ça entre dans mes cordes. C’est aussi ce qui séduit les potentiels acquéreurs.

Avez-vous eu d’autres propositions ?

La rumeur dit que des clubs de Ligue 2 s’intéresseraient à moi, mais je n’ai pas reçu d’appel. Je ne ferme aucune porte. Je n’ai pas encore quitté Chambly, loin de là, et je continuerai peut-être. Mais une chose est sûre. Vicenza ou autre chose, une belle opportunité pourrait provoquer mon départ. Si un projet m’intéresse et que je décide de décliner pour mon club, c’est que je ne partirai jamais.

En 2015, vous aviez refusé une proposition de Ligue 2. Mais cette fois, vous semblez nettement plus ouvert…

Nos infrastructures sont préhistoriques, et éternellement en projet. Malgré les promesses des politiques, rien n’a bougé depuis notre montée en National (NDLR : 2014). J’ai bien compris qu’on vivrait la prochaine saison comme les précédentes : sans stade homologué, ni conditions d’entraînement optimales. Je n’ai même pas de bureau !

En fait, vous semblez rongé par la lassitude…

Nos conditions de travail pourraient être acceptables de temps en temps. Le vivre au quotidien est frustrant et de plus en plus difficile. Le président (NDLR : Fulvio Luzi, son frère) est le seul à faire des efforts. Il fait le nécessaire pour augmenter le budget. On a donc des joueurs de qualité, mais s’il suffisait d’en acheter pour gagner, cela se saurait. Et si on venait malgré tout à monter en Ligue 2, on jouera où ? Au Mans ? Super…

Ne craignez-vous pas d’être soupçonné de faire de l’intox ?

Pas du tout ! C’est simplement un constat. Comme beaucoup de monde au club, je suis fatigué du contexte, mais ce ne sera en aucun cas le critère qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Je ne suis pas là pour mettre la pression à qui que ce soit.

Le maintien n’est pas acquis. Envisageriez-vous quand même de partir en cas de relégation ?

On ne descendra pas ! Sauver l’équipe est ma priorité des priorités. Pour moi, cela fera 4 maintiens de suite en National après avoir monté l’équipe jusqu’à ce niveau, et l’avoir emmenée en demi-finale de Coupe de France (NDLR : perdue 2-0 contre Les Herbiers le 17 avril). Ce n’est pas rien ! Après, si je pars, le FC Chambly restera mon club de cœur, et j’y reviendrai forcément. Dans le football, tout peut aller très vite. Quoi qu’il arrive, je ne resterai pas en poste pendant 17 ans ailleurs.

Laisser un commentaire